Amine Rami, la danse dans la peau
Que ce soit avec des musiciens, dans un spot publicitaire, dans des shows ou lors d'un championnat, Amine Rami a pu montrer l'étendue de ses talents sur scène. Amine est l'un des organisateurs d'Action Danse, le festival qui a lieu du 8 au 29 octobre, à Casablanca et aussi membre du groupe Macadam.
La danse il l'a dans le sang. Amine Rami, le jeune homme au t-shirt long tombant sur son pantalon baggy et une casquette vissée sur sa tête, est né pour danser. Comme bon nombre de grands danseurs de sa génération, Amine est séduit, dès l'adolescence, par les prémices d'un mouvement artistique venu d'ailleurs. Tout a commencé lorsque lui et ses potes dansaient, seuls, sur les dalles des rues du Hay El Mohammadi, près de l'hôpital Mohammed V. « A l'époque c'était juste un délire entre potes. On visionnait ensemble les cassettes vidéos des danseurs allemands et américains et on s'amusait à reproduire leurs pas ». Ce qui était franche rigolade devint passion. En 2004, après des mois de persévérance, les «X-Style» remportent le premier prix au championnat national de break- danse à Marrakech.
Aujourd'hui, Amine Rami est un des danseurs les plus en vue du Maroc. Il est à la fois danseur, professeur de danse, employé dans une société d'ameublement et l'un des organisateurs d'Action Danse. Sportif, dynamique et branché, il déborde d'imagination. Et d'énergie ! A 24 ans, le jeune homme, diplômé en électromécanique, partage sa vie entre son job, ses représentations de danse et bien sûr, sa famille. Une vie à 100 à l'heure qui lui colle à la peau.
Pourtant, à un moment, Amine voit ses rêves brisés et croit tout abandonner. «Le groupe n'avait plus de chorégraphe, les gens ne prenaient pas au sérieux ce qu'on faisait .J'y croyais plus et je me suis focalisé sur mes études. Jusqu'à ce que je participe à Naïda. Un spectacle qui réunissait des artistes venus de Belgique et du Maghreb. Après notre représentation, j'ai pu constater que tout n'était pas perdu pour le hip-hop. Des personnes estimaient encore cet art et travailler pour le promouvoir. Je suis retourné au Maroc avec une envie plus grande de danser ».
A présent, avec Aboulakoul, Said Fakhir, Rachid Samoda, Iliass Fouari, Youness Aboulakoul, Abdelillah Mesbah et Khadija Kabli, ils forment la Compagnie « Macadam ». Les membres de la compagnie sont des amis, des danseurs passionnés par la scène, presque une famille qui a adopté le hip-hop comme philosophie. Macadam a fait sensation avec «Source de Vie», un spectacle mêlant danse urbaine et orientale, culture populaires et rites traditionnels, qui nous invite à remonter à la source de la vie, par le jeu de l'émotion, de la sensibilité et de la richesse des techniques. Où subtilement, le hip-hop intègre l'énergie du théâtre. Des milliers d'internautes ont téléchargé les prestations du petit groupe, captées sur vidéo, à partir du site Internet You Tube. Mais ce n'est pas tout. Amine participe à l'organisation du festival Action Danse où il s'occupe du volet battle avec Macadam.
Amine est heureux et épanoui. Le sourire espiègle d'Amine Rami ne montre pas toutes les souffrances qu'il a endurées, les remarques blessantes qu'il a essuyées et les batailles gagnées jusqu'ici. Son soutien, il le puise de sa famille. Il ne manque pas une occasion de remercier ses parents et ses amis de toujours l'avoir encouragé. S'il est fier de tous ces exploits, la plus grande victoire, pour lui, reste à venir. « Je rêve de devenir Amine que j'ai toujours imaginé. Je rêve de représenter le Maroc à l'étranger et de pouvoir concilier, un jour, ma passion et une future petite famille ». Ce sera le plus grand accomplissement pour lui, lance-t-il avec le sourire.
LATIFA ECHCHERKI.